Cerebus #2 : High Society

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4 décembre 2010 par Lunch

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Lunch

Après avoir quitté Palnu où il avait gagné la confiance de Lord Julius et pas mal d’argent, Cerebus arrive à Iest, la plus importante cité d’Estarcion. Là, il décide de mettre pour quelques temps de côté sa vie barbare et s’installe à l’Hôtel Régence dans la ville haute. Il est loin de se douter à ce moment là des péripéties qui l’attendent et qui le mêleront aux hautes fonctions politiques et aux arcanes du pouvoir.

J’ai découvert cet album lors d’un Raging Bulles, et j’ai tout de suite été saisi par la qualité du graphisme et par les multiples libertés de mise en page de l’auteur. Les critiques des chroniqueurs n’ont fait que conforter ma première impression : j’ai acheté l’album, je l’ai lu, et je suis maintenant à même de faire ma présentation à mon tour.

Tout d’abord, il faut savoir que le personnage de Cerebus est né de l’autre côté de l’atlantique 1977. Créée par le Canadien Dave Sim, la série s’est terminée en 2004 et comporte près de 16 volumes, dont le premier fait environ 500 pages. Je vous laisse faire le calcul, c’est énorme… et c’est d’autant plus impressionnant quand on sait que l’auteur a dû l’éditer lui-même. On parle de plus de 6000 pages, mais n’ayant que le tome 2 dans les mains, je n’ai pas pu les compter toutes.

Le tome 2 me direz-vous ? En effet, High Society n’est pas le premier tome. Vous vous demandez sûrement pourquoi Vertige Graphic a commencé sur le second opus, qui recueille les épisodes 26 à 50, et non sur le premier. Tout simplement parce qu’auparavant, Dave Sim se cherche, tout autant graphiquement que narrativement. Il essaie des choses, il tente plusieurs pistes. L’arrive à l’Hôtel Régence est la clef de cette série : Dave Sim a trouvé quelque chose à raconter et il va s’y coller tout du long.
Ne vous en faites pas, quelques pages en début d’album sont là pour expliquer rapidement ce qu’on a manqué. Et l’ensemble se lit très bien sans pour autant avoir lu les épisodes dans la version US.

Mais alors, on parle de politique tout le long ?
Oui, c’est un peu l’idée. Cet oryctérope (un cochon de terre Africain) abandonne son style très Conan le Barbare pour se frotter au gratin des politiciens. Mais rassurez-vous, il a un caractère bien trempé le porc terreux ! Pas de le temps de s’ennuyer… et puis si, il y a quand même un peu de baston ! Un elfe aussi, et puis un Cafard de lune, Elrod, des magouilles, de la corruption, des manipulations, des guerres, des élections, une chèvre…
De l’humour ? Oui et non, c’est spécial, mais il y en a. Par exemple, j’adore le personnage de Lord Julius, probablement l’un de mes préférés. Il est sensé être le personne le plus influent d’Estarcion, mais il se comporte souvent en véritable guignol, et ses tirades n’ont parfois ni queue ni tête. Mais on a toujours cette impression du personnage rusé qui arrive toujours à ses fins et qui est omniprésent.
Il y a aussi Cafard de Lune, le petit joujou d’Astoria. Ce type est une parodie du super héros, doté d’une personnalité multiple, qui se la raconte à chacune de ses sorties. C’est à mourir de rire.

Côté découpage, puisque Dave Sim n’a pas la contrainte d’un éditeur, il se tente à des choses vraiment surprenantes. Les cases ne sont jamais dans un format classique, elles servent le récit et jouent avec lui. Même l’orientation des pages peut changer, d’ailleurs les derniers chapitres se lisent sur le côté. Mais Dave Sim fait plus fort encore, puisque dans les ultimes pages, alors que Cerebus a un peu trop bu, il nous donne le tournis en nous faisant manipuler l’album dans tous les sens pour suivre le fil du scénario. J’adore ! On a vraiment cette impression que le monde ne tourne pas très droit du coup !
Le lettrage est lui aussi très soigné, surtout dans les titres et onomatopées.

Parfois aussi, cette ligne éditoriale manquante fait commettre à l’auteur quelques erreurs. Des choses illisibles comme le règlement de ce jeu de carte page 45. Mais rien de bien grave en somme… et puis le texte, comment dire… c’est qu’il y a a lire !
Comme le disait Guillaume Trouillard lors du Raging Bulles : « C’est le meilleur ratio prix / temps de lecture de toute la bande dessinée. » Je ne peux que lui donner raison : vous en aurez pour votre argent !

Bref, j’étais emballé, j’ai pas été déçu, j’ai vraiment adoré.
Que dire de plus si ce n’est qu’il est dans la sélection patrimoine du festival d’Angoulême 2011 ? Alors, vous lisez quoi dans les prochains jours vous ?

roaarrr

– Will Eisner Award du meilleur album (matériel réédition) 1994

Cerebus #2 : High Society
Scénario : Dave Sim
Dessin : Dave Sim
Édition : Vertige Graphic 2010
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “Cerebus #2 : High Society

  1. […] Un passage qui n’a pas manqué de me rappeler l’excellent travail de Dave Sim sur Cerebus (l’oryctérope n’était pas confus mais bourré) mais que j’aurais néanmoins […]

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