Kaze no Shô : Le livre du vent

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5 août 2010 par Lunch

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Lunch

1899, Tôkyô. Dans la maison de Katsu Kaishû, de nombreux fonctionnaires du nouveau gouvernement viennent visiter le vénérable homme. Car ce Haut Conseiller a tenu un rôle très important lors de la chute du Bakufu (Shogunat) : il est parvenu à livrer la ville sans effusion de sang, et ce malgré la gronde populaire de l’époque.
Mais si cet événement était rendu inévitable à ce moment-là, ce n’était pas la première fois que ce genre de tentative se produisait…
Car de nombreuses fois dans l’histoire, l’Empereur, qui était en opposition avec le Shôgun, a voulu reprendre le dessus. Et cela a bien failli réussir, 250 ans auparavant…

Vous l’aurez compris, l’histoire décrite dans cet album traite de la tentative de coup d’état de l’Empereur pour renverser le pouvoir. c’était en 1649.
Le Shôgun Tokugawa Ieyasu avait depuis plusieurs générations déjà, scellé un pacte avec Yagyû Munenori, lui laissant un précieux manuscrit. Celui-ci devait être préservé secret, sous la garde du clan Yagyû, jusqu’à la fin du Bakufu.

Le clan Yagyû était vu au moment de l’histoire comme des chiens du Shôgun pour ses détracteurs. Et nombre de Daimyos (seigneurs) attendaient depuis longtemps leur revanche sur la dynastie des Tokugawa, espérant un coup d’état pour prendre le pouvoir à leur tour. Il suffisait bien souvent d’une étincelle pour embrasser les fiefs. Et c’est le vol des chroniques secrètes des Yagyû qui lança le signal.

Un récit historique donc, dessiné par Jirô Taniguchi d’après le scénario de Kan Furuyama. Une histoire qui fut sûrement tue à l’époque afin d’éviter les soulèvements en dehors des fiefs concernés. On note que les Yagyû font tout pour que les rumeurs ne se répandent pas et pour récupérer le manuscrit qu’ils étaient chargés de garder.
Cela reste en tout cas très intéressant comme thématique, car si tout le monde connait la période gouvernée par Tokugawa Ieyasu juste après la bataille de Sekigahara, celle relatée ici est plus souvent ignorée. On apprends, avec Kaze no Shô, un peu plus de l’histoire du Japon.

Et pourtant, cela ne rend pas la narration lourde et ennuyeuse.
Le duo parvient ici à conter l’événement non pas sous une forme strictement historique, mais avec une véritable construction (et probablement de nombreux passages romancés).

Pour finir, le dessin de Jirô Taniguchi a quelque chose de captivant. On reconnait tous son talent et son soucis du détail. Ses paysages laissent comme toujours pantois et ses traits fins laissent transparaitre tout le travail dans l’élaboration de l’album. c’est un dessin limpide, y compris dans les combats. Car il n’est pas évident de donner du mouvement lors d’un duel au sabre, de donner corps à une scène pour qu’elle soit d’une clarté exemplaire. Et les petites annotations en pied de page pour aider le lecteur à définir les styles de combat sont sûrement une aide appréciable supplémentaire.

Pour conclure, ce n’est peut-être pas le Taniguchi le plus original, mais l’histoire se démarque quand même par rapport à d’autres mangas sur le sabre.
Personnellement, j’ai aimé. Et vous ?

badelel

Badelel

Addendum du 17/08/2010

Kaze no Shô est le premier manga de samouraï que je lis écrit par Jirô Taniguchi. j’ignore s’il en a fait d’autres, mais celui-ci est à coup sûr une réussite. Il mêle à la fois le dynamisme caractéristique des mangas de samouraï et le récit tout particulier de Taniguchi. Un savant mélange qui donne une saveur inédite.

Inspiré de personnages et de faits réels et adapté du roman de Kan Furuyama, on le sent bien renseigné, juste, bien dans son époque. Pour les novices de l’histoire japonaise, pas de panique : des annotations ponctuent les passages plus ou moins obscurs. Pour d’autres, plus connaisseurs, Kaze no Shô est bien implanté historiquement, malgré quelques écarts historiques conscients.

One-shot, l’histoire ne traine pas en longueur, mais développe une petite intrigue bien ficelée. Elle imagine un anecdote vieille de plus de 350 ans, prémisse invisible de la chute du Bakufu quelques 200 ans plus tard.

Du point du vue du graphisme et de la construction, j’apprécie tout particulièrement les combattants dont la classe et l’aura transpirent du dessin. Tant mieux, car les personnages principaux ne sont pas n’importe qui, et ça m’aurait fait mal de voir Yagyû Jubei transformé en ninja de bas étage. A noter aussi un décor bien travaillé et authentique. Kaze no Shô ne réchappe évidemment pas à la construction sobre et carrée typique au style de Taniguchi, et c’est sans doute ce qui le rend aussi atypique dans une histoire consacrée aux samouraïs et aux ninjas.

Kaze no Shô : Le livre du vent (One shot)
Scénario : Kan Furuyama
Dessin : Jirô Taniguchi
Édition : Panini 2004
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.

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