Billy Brouillard #1 : Le don de trouble vue

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22 juillet 2010 par Lunch

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Lunch

Billy Brouillard est un petit garçon pas comme les autres. S’il aime faire des bêtises et apprécie particulièrement embêter sa petite sœur, il aime surtout s’inventer des histoires qui font peur. Mais alors qu’un jour il retrouve son chat tout raide dans le jardin, il en vient alors à se poser tout un tas de questions sur la Mort, et laisse allègrement vagabonder son esprit fertile en histoires morbides…

Pour avoir rencontré Guillaume Bianco lors d’un festival, j’ai pu apprendre que cet album était un peu autobiographique. Car oui, Guillaume était un peu comme ce garçon, et surtout, il avait une petite sœur qui, bien qu’elle ne s’appelait pas Jeanne mais Anne, avait droit à son lot quotidien de crises d’angoisse.
Et il avait réellement un chat qui s’appelait Tarzan, point de départ de ce récit.
Cette bande-dessinée, c’est un peu un recueil d’histoires qu’il a en tête depuis toujours, un projet personnel auquel il ne pensait pas forcément donner suite. Mais voilà, il en a eu l’occasion par le biais de la collection Métamorphose dirigée par Barbara Canepa, alors il ne fallait pas s’en priver. Car Billy Brouillard est un petit ovni dans cette grande boite qu’est Soleil, et pas loin de l’être également si on compare ce qui se fait ailleurs.

Oui, car Billy Brouillard est plutôt original dans son genre.
Déjà, même si le thème de la mort est maintenant un sujet récurent et qui passionne, il n’en est pas moins délicat à aborder. Et de même traité de façons très variées selon les auteurs.
Ici, Guillaume Bianco a décidé de voir la mort par les yeux d’un petit garçon à l’imagination débordante. Tim Burton n’a qu’à bien se tenir, c’est assurément un thème qui lui est cher et qui lui plairait probablement. Mais rendons à César ce qui lui appartient, Guillaume Bianco a déclaré que le cinéaste n’était pas son inspiration, mais celui là même qui a inspiré Tim Burton dans ses œuvres (et dont j’ai oublié le nom).

Nous avons donc droit à une succession d’histoires, d’enquêtes, de poèmes, de bestiaires, le tout alternant entre la vie réelle que subit notre jeune héros et la vie imaginaire qu’il s’invente chaque jour. Le petit bonhomme suit son chemin, vagabonde au gré de ses pensées en quête de la solution. Mais qu’est-ce que la Mort au juste ? Et pourquoi fait-elle aussi peur ?

En dehors de ça, j’ai trouvé la lecture difficile. Le rythme décousu qui est donné par l’enchaînement des genres et des histoires y est peut-être pour quelque chose. Même si au final, je ne peux qu’admettre que le tout est cohérent, réfléchi et bien construit.
Reste pour moi une grande interrogation : est-ce réellement un livre pour enfant ?
Certes pour le thème, les idées, le côté dégoûtant qui plaît aux enfants… tout ça, oui. Mais en tant qu’adulte, je me demande aussi si ce livre n’est pas un peu en dehors de leur portée, avec tous ces mots alambiqués, ces questions existentielles, etc…

À votre avis, Guillaume Bianco est-il parvenu à se mettre dans la peau du petit garçon qu’il a été autrefois ? Quel public cet album a-t-il conquis ? Et le liriez-vous à vos enfants ?

 

Badelel

Badelel

La construction de Billy Brouillard est très particulière. Plus qu’une BD, c’est plutôt une encyclopédie du petit monde mystérieux et imaginaire du jeune garçon dénommé Billy Brouillard. La trame de l’histoire est d’une parfaite simplicité, et pourtant, il y a quand même 142 pages ! C’est que cette histoire n’est finalement que le prétexte à développer l’univers farfelu de Billy, via des bestiaires détaillés sur les caractéristiques de telle ou telle créature, ou via des extraits de la Gazette du Bizarre. Malheureusement, la construction « documentaire » a pour conséquence directe l’interruption de la lecture : difficile de tout lire d’un trait ! Mais impossible de ne pas passer un bon moment !

L’autre particularité de Billy Brouillard, c’est son graphisme qui lui donne véritablement toute son identité, le dessin à lui seul marque l’esprit de la BD : à la fois sombre et innocent. Le trait rond ne vient pas gêner l’aspect vieillot de l’ensemble (foultitude de décorations, tenues vestimentaires et coiffures, maisons, teintes sépia, pages faussement jaunies, etc.), il lui donne au contraire un charme tout enfantin. Après tout, ne sommes nous pas dans l’esprit du petit Billy ?

A noter la couverture qui ne laisse pas indifférent. A elle seule, elle met directement dans le bain, avec un aspect « livre ancien ».

Une ola à la collection Métamorphose dirigée par Barbara Canepa et Clotilde Vu qui vient mettre un bon coup de pied dans la fantasy poussiéreuse de Soleil.

Billy Brouillard #1 : Le don de trouble vue
Scénario : Guillaume Bianco
Dessin : Guillaume Bianco
Édition : Soleil 2008
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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2 réflexions sur “Billy Brouillard #1 : Le don de trouble vue

  1. Lunch dit :

    Par Yaneck le 23/07/2010 :

    Si si, il est possible de s’ennuyer. Je dirai même que je me demande comment il est possible de s’amuser à cette lecture… Je comprends vraiment pas l’intérêt…

    Par Lunch le 23/07/2010 :

    J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans la lecture. J’ai pas non plus réussi à rester dedans, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois. Le rythme est pas évident, entrecoupé en permanence. Mais au final, j’ai pas trouvé l’ensemble mauvais.

    Par Votre pseudo le 23/07/2010 :

    La question « est-ce adaptée aux enfants » est très intéressante : il faut faire des essais ! pour ma part je vais essayer de la faire lire à mon petit cousin (tss, les expérimentations!)

    je reste sceptique sur la « multitude » des bds qui traitent de la mort, les titres ne me viennent pas en tête pour ma part;

    quant à la « fantasy poussiéreuse » de Soleil, c’est un peu méchant et vite dit non ? 🙂

    Par Lunch le 24/07/2010 :

    Il a quel âge le cousin par curiosité ?

    Chez nous on est partagé. Je trouve qu’il y a un côté « dégueulasse » qui devrait résolument plaire à des enfants. Et d’un autre côté j’hésite parce que je trouve que la réflexion, bien qu’amenée par les yeux d’un enfant, est celle d’un adulte.

    Badelel, elle, trouve que c’est pas une BD pour enfants. D’où le débat en fait ^^

    Sinon, des BD sur le thème de la mort, on a chroniqué Mardi-Gras Descendre récemment (purgatoire). Il y a aussi l’excellent Trois Ombres de Cyril Pedrosa, qui aborde ça sous la forme d’un conte. Jolies Ténèbres aussi, avec un titre suffisamment évocateur pour évoquer le côté malsain de l’histoire.
    Voilà ce qui me vient en tête sur le moment.

    Et pour les BD poussiéreuses de Soleil, je laisse Badelel se défendre d’elle même 😀

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